D'après les estimations de Roboloto, un tirage ordinaire du Loto réunit en médiane environ 3,9 millions de grilles depuis novembre 2019. Le samedi est de loin le plus joué, avec environ 5,3 millions de grilles, contre 3,8 millions le mercredi et 3,1 millions le lundi. Ces chiffres ne sont pas publiés par la FDJ : ils sont reconstitués à partir du nombre de gagnants de chaque rang.
Les chiffres
Sur les 1 096 tirages ordinaires du Loto depuis le 6 novembre 2019 (hors Super Loto et tirages spéciaux) :
| Jour | Tirages | Grilles jouées (médiane estimée) |
|---|---|---|
| Lundi | 365 | 3 136 651 |
| Mercredi | 366 | 3 777 730 |
| Samedi | 365 | 5 262 997 |
| Tous les tirages | 1 096 | 3 882 525 |
En additionnant les trois médianes, une semaine type représente environ 12,2 millions de grilles. Le samedi attire à lui seul environ 1,7 fois plus de grilles que le lundi.
La médiane est la valeur du milieu : la moitié des tirages en compte plus, l'autre moitié moins. Les écarts autour sont importants. Le tirage le moins joué de la période est estimé à 2 198 226 grilles (lundi 13 avril 2020), le plus joué à 10 454 405 grilles (samedi 31 décembre 2022, avec un jackpot de 10 millions d'euros).
À 2,20 € la grille, un tirage médian représente de l'ordre de 8,5 millions d'euros de mises (3 882 525 × 2,20 €). C'est un ordre de grandeur déduit de l'estimation, pas un chiffre comptable.
D'une année sur l'autre
| Année | Grilles par tirage (médiane estimée) |
|---|---|
| 2020 | 3 717 513 |
| 2021 | 4 102 028 |
| 2022 | 4 107 937 |
| 2023 | 3 915 333 |
| 2024 | 3 978 440 |
| 2025 | 3 809 565 |
| 2026 (jusqu'au 4 novembre) | 3 566 837 |
Ces médianes annuelles mélangent des tirages à jackpots très différents. Comme les gros jackpots attirent davantage de joueurs, une année riche en jackpots élevés paraît plus jouée. Le lien entre jackpot et ventes est analysé dans l'article sur les jackpots et les ventes.
Comment on estime le nombre de grilles
L'idée de départ
Prenons le rang 8 : deux bons numéros, sans le numéro chance. Pour une grille remplie au hasard, la probabilité de gagner ce rang est d'environ 1 sur 16 (exactement 0,0625). Si tout le monde jouait au hasard, il suffirait donc de multiplier le nombre de gagnants du rang 8 par 16 pour retrouver le nombre de grilles.
Les petits rangs sont parfaits pour ce calcul : ils comptent des centaines de milliers de gagnants, si bien que les fluctuations du hasard y sont faibles.
Le problème : les joueurs ne jouent pas au hasard
Le calcul naïf donne des résultats incohérents d'un rang à l'autre. Exemple avec le tirage du mercredi 4 novembre 2026 (18-19-30-37-40, numéro chance 5) :
| Rang utilisé | Gagnants | Probabilité au hasard | Estimation naïve |
|---|---|---|---|
| Rang 6 (3 bons numéros) | 13 805 | environ 1 sur 224 | 3,09 millions |
| Rang 8 (2 bons numéros) | 225 683 | environ 1 sur 16 | 3,61 millions |
| Rang 9 (0 ou 1 bon numéro + chance) | 420 509 | environ 1 sur 10,8 | 4,54 millions |
Trois rangs, trois réponses. La raison : les numéros tirés ce jour-là (le 30, le 37, le 40…) font partie des moins joués. Peu de grilles les contenaient, donc il y a eu moins de gagnants à 2 ou 3 bons numéros que le hasard ne le prévoit, et davantage de grilles avec 0 ou 1 bon numéro. L'estimation naïve est faussée dans un sens ou dans l'autre selon le rang choisi.
La solution : tenir compte de la popularité
Le modèle de la foule corrige ce biais. Il sait, à partir de l'ensemble des tirages passés, quels numéros et quels motifs les joueurs préfèrent. Pour un tirage donné, il calcule donc combien de grilles doivent avoir 2, 3 ou 4 bons numéros, compte tenu des numéros tirés. Il cherche ensuite le nombre total de grilles qui rend les prévisions de tous les rangs cohérentes avec les gagnants observés. Comme les petits rangs ont de loin le plus de gagnants, ce sont eux qui pèsent le plus dans le résultat.
Pour le 4 novembre 2026, le modèle estime ainsi le nombre de grilles jouées à 4 066 705. Le test à l'aveugle de ce tirage montre que la correction fonctionne : le modèle prévoyait environ 219 290 gagnants au rang 8 (225 683 observés) et 438 144 au rang 9 (420 509 observés), là où l'hypothèse du hasard, ajustée de la même façon, en prévoyait respectivement 256 719 et 380 087.
Quelle confiance accorder à ces chiffres ?
Ce sont des estimations, et leur précision dépend de celle du modèle. Plusieurs éléments les rendent néanmoins solides :
- elles reposent sur des centaines de milliers de gagnants par tirage, publiés officiellement ;
- le modèle est validé à l'aveugle : depuis janvier 2025, il prédit chaque nouveau tirage avant de le connaître. Sur 299 tirages, il explique environ 88 % des variations du nombre de gagnants à 3 bons numéros. Les résultats sont publiés sur la page validation à l'aveugle ;
- les grandes tendances (samedi plus joué, effet du jackpot) sont stables d'une année sur l'autre.
Elles ne disent rien, en revanche, du nombre de joueurs : une même personne peut jouer plusieurs grilles.
Pourquoi ce chiffre compte
Le nombre de grilles détermine directement le partage. Pour le jackpot, avec 3 882 525 grilles et une combinaison jouée comme une grille au hasard, on attend en moyenne 3 882 525 / 19 068 840 ≈ 0,20 autre gagnant. Avec 5 262 997 grilles un samedi, on passe à environ 0,28. Plus il y a de grilles, plus un gain a de chances d'être partagé, et plus le choix d'une combinaison peu jouée compte.
Ce nombre ne change rien, en revanche, à votre probabilité de gagner : elle reste de 1 sur 19 068 840 pour le jackpot, que 3 ou 6 millions de grilles soient jouées.
À retenir
- Environ 3,9 millions de grilles par tirage en médiane depuis novembre 2019.
- Le samedi (5,3 millions) est nettement plus joué que le mercredi (3,8 millions) et le lundi (3,1 millions).
- Ces chiffres sont estimés à partir du nombre de gagnants des petits rangs, corrigé de la popularité des numéros tirés.
- Plus il y a de grilles, plus les gains sont partagés ; la probabilité de gagner, elle, ne bouge pas.
- Le détail de la méthode est expliqué dans l'article sur le modèle de la foule.



